20.03.2006
Les gens d'ici ...
La traumise s’assit en face de moi, droite comme un « I », les yeux légèrement perdus.
- Rosée !!
- Oui ? dis-je en levant la tête
- Me trouves-tu moche ?
- Moche ?
- Oui, je veux dire si j’étais d’ici ? est ce que je serais moche ?
- Et bien .. je ne sais pas .. comme tu n’es pas d’ici, il est difficile de savoir. Moi je ne te trouve pas moche .. pas moche du tout !! Mais les gens dehors sont souvent étranges, ils n’aiment pas trop …
- Les gens qui ne sont pas d’ici
- Oui c’est bizarre mais c’est comme ça
- Nous on en a toujours eu des gens qui n’étaient pas de chez nous « des gens de la bas »
- Et vous les trouvez moches ?
- Un peu.. enfin ça dépend
- Comment avez-vous fait pour vous perdre ??
- Si seulement je pouvais le savoir dit elle en soupirant …
Le grand félin se leva et vint poser sa tête majestueuse sur la robe de la traumise, son regard avait quelque chose d’étrangement humain.
- et lui ??
- Je l’ai trouvé sur le chemin
18:15 Publié dans récit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.02.2006
Ailleurs .......
- Tu dors ?? me demanda le guépard
- Pas tout à fait .. j’ai un peu de mal ce soir
- Ce soir seulement ??? tu as de la chance .. moi je ne dors presque plus.
- Tu voulais me dire quelque chose ?
- Oui je voulais te poser une question .. Tu vis ici depuis longtemps ??
- Depuis toujours pourquoi ?
- Tu n’as jamais vécu ailleurs ??
- Non jamais..
- Moi non plus avant de quitter la savane, je n’avais jamais vécu ailleurs ..
- Tu y retourneras, j’en suis sûre !!
- Certainement.. mais pas de la même manière
- Pourquoi pas ??
- Parce qu’aujourd’hui j’ai vu « ailleurs » alors ça ne sera plus jamais pareil !! Sauf pour toi les choses seront toujours les mêmes !!
- Et alors ???
22:15 Publié dans récit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.01.2006
2006

- vous les humains vous êtes drôles avec votre manière de compter le temps … l’histoire c’est tout ce qui vous intérèsse… 2006 … 2006 … il est loin l’australopithèque que tu étais .. ingrate que tu es .. 2006 : Est-ce que tu comptes continuer à te tromper comme ça pendant longtemps ???
- tu n’as pourtant pas dit non au champagne du 31 mon cher vieux guépard !!
- ça ne change rien au fait que vous vous trompez … les bulles de champagne ne sont encore une fois qu’un leurre .. Où est la traumise ?
- entrain de dormir dans la chambre à l’étage
- encore !!! son état ne présage rien de bon, je ne l’entends jamais changer de chambre ..
- moi non plus .. mais sais-tu le sapiens sapiens ingrat que je suis garde confiance, elle se réveillera … et puis c’est drôle son nouvel état te permet de me parler guépard !!! Où vas-tu ??
- Souhaiter bonne année aux enfants de la famine, de la guerre, du sida et de l’esclavage.. Ceux du Rwanda, de l’Ethiopie et de Roumanie … et aussi aux petits péruviens, tous les petits d’Amazonie … aux orphelins de l’Algérie, de la Thaïlande. Souhaiter bonne année à tous ceux que le temps et votre monde ont laissés pour compte …
- Arrête c’est gerbant !!!
- C’est bien ce que je dis c’est gerbant !! Je préfère ta grand mère australopithèque à ta frimousse de moderne … et elle a plus de 2006 ans, alors soignez votre schizophrénie.. Bordel, c’est par où la savane ??
13:25 Publié dans récit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.12.2005
rumeurs silencieuses
Nous revenons d’une panne de notre engin de voyage, nous avons du faire une halte dans un lieu bien étrange, la traumise m’avait déjà parlé d’un endroit similaire, mais elle n’était pas sûre qu’il s’agisse du même. C’est étrange cette nuit là, elle se mit soudain à avoir peur du guépard .. elle humait l’air tel un animal craintif et parlait souvent dans une langue que je ne comprenais pas … quant au grand félin, il semblait comprendre ce qui s’opérait de plus intime dans son cœur a elle … il se tint toute la nuit recroquevillé sous un coin de la table, sa tête doucement posée sur ses pattes. Il avait beau se faire petit mais ses oreilles dépassaient ostensiblement la table du bureau, ce qui avait le don d’énerver sacrement la traumise.
Moi j’observais silencieuse leur manège incassable, dans lequel chacun épiait l’autre : l’un pour s’assurer qu’il pourra, après l’incident de la panne récupérer son statut privilégié et l’autre méfiante commençait sérieusement à se demander pourquoi elle s ‘était encombrée d’un animal si lourd et si peu bavard.
J’ai hâte de rentrer dis-je soudain… !!Ils levèrent d’un coup leur têtes en même temps … La traumise me lança un regard triste et plein de reproches :
Bien sûr…. Toi !! Tu peux .. !! nous il faut qu’on trouve le chemin du retour … nous ne sommes pas aussi chanceux que toi, notre destination est tellement lointaine que je doute qu’on puisse l’atteindre un jour ..
Le guépard se leva et traîna jusqu’à la fenêtre et là le dos tourné et la gueule offerte aux étoiles, j’étais persuadée qu’il pleurait doucement sur son sort ….
22:20 Publié dans récit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

